Cyclistes dans la Grande Guerre


5 octobre 1918 -|- Roland Garros[]

Prisonnier de guerre

Monument et tombe à Vouziers

Roland Garros est né le 6 octobre 1888 à Saint-Denis de La Réunion. Mais à peine revenu à Paris, au collège Stanislas où ses parents l’ont inscrit, le garçon de douze ans est foudroyé par une grave pneumonie. Il est envoyé dans un autre collège Stanislas, à Cannes. Il y retrouve le soleil et le sport, notamment le cyclisme, qui lui fera recouvrer la santé. "La petite Reine a réussi là où la Faculté a échoué ». Il sera champion interscolaire de cyclisme en 1906, sous le pseudonyme de "Danlor", anagramme de son prénom, afin que son père n’en soit pas averti.

En vacances d'été en 1909 à Sapicourt près de Reims, il va assister à la "Grande Semaine d’Aviation de la Champagne" du 22 au 29 août. C'est une révélation pour lui : il sera aviateur.

L'appareil est dangereux à cause de son train d'atterrissage fragile qui se brise, ce qui vaut à la Demoiselle d'être surnommée la "tueuse d'homme". Il n’y a pas encore d’école de pilotage : il apprendra tout seul, avec la collaboration d’un autre "Demoiselliste", le Suisse Edmond Audemars qu’il a rencontré sur le terrain d’Issy-les-Moulineaux que d’aucuns considèrent déjà comme le "berceau de l’aviation".

Il n’a même pas obtenu son brevet de pilote aviateur qu’il est embauché pour les cérémonies du 14 juillet 1910 par le Comité Permanent des Fêtes de Cholet, où il obtient le 19 juillet son Brevet de l’Aéro-Club de France.

La Première Guerre mondiale le fait naturellement pilote de guerre. Alors que, né dans une colonie, il ne doit effectuer aucun service militaire, il s’engage comme simple soldat dès le 2 août 1914 pour la durée de la guerre. D’abord affecté à l’escadrille Morane-Saulnier MS23, il participe à de nombreuses missions d’observation, de reconnaissance, de lâchages d’obus empennés en guise de bombes, de combats avec un observateur armé d’une carabine ou d’un mousqueton. Au début des hostilités, les pilotes ennemis se font des signes amicaux lorsqu'ils se rencontrent. Par la suite, ils se tirent dessus soit au fusil, soit au revolver mais cet armement en vol est peu efficace. Une mitrailleuse le serait plus mais au début de la guerre, elle est trop lourde pour la frêle structure faite de bois et d'acier léger.

Le 18 avril 1915, le sous-lieutenant Garros est en mission au-dessus de la Belgique. Touché par une balle de la DCA allemande, son avion connaît des problèmes de carburant et il est obligé d'atterrir à Hulste, en territoire belge occupé. Il est fait prisonnier avant d'avoir pu mettre le feu à son avion.

Comme toutes les fortes têtes, R. Garros sera soumis à une surveillance privilégiée et déplacé d’un camp à un autre (Küstrin, Trèves, Gnadenfrei, Magdeburg, Burg et de nouveau Magdeburg), car il faut l’empêcher d’avoir le temps de réunir les conditions d’une évasion. Après de nombreuses et infructueuses tentatives : tunnel, par la mer ou même en avion, R. Garros ne parvient à s'évader qu’au bout de trois ans, le 15 février 1918.

Ces trois ans de captivité ont sérieusement dégradé sa santé, particulièrement sa vue : sa myopie latente devenue très gênante l’oblige à aller clandestinement se faire faire des lunettes pour pouvoir continuer à piloter.

Après une convalescence et un circuit complet de remise à niveau, les appareils et les méthodes de combat aérien ont complètement changé en trois ans, il est affecté à son ancienne MS26 devenue la SPA26 puisque désormais équipée de SPAD XIII. Elle fait partie, avec les trois autres escadrilles de Cigognes, du Groupe de Combat no 12 (GC12). À force de ténacité, Roland Garros parvient à retrouver l’aisance de son pilotage. L’escadrille quitte Nancy pour le terrain de la Noblette, en Champagne.

Le 2 octobre 1918, Roland Garros remportait sa quatrième et dernière victoire. La veille de ses 30 ans, le 5 octobre, à l’issue d’un combat contre des Fokker D.VII, son SPAD explosait en l’air avant de s’écraser sur le territoire de la commune de Saint-Morel, dans les Ardennes, non loin de Vouziers où il est enterré.


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