Cyclistes dans la Grande Guerre



21 septembre 1917 -|- Louis Cottereau[]

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Avertissement (Gil Blas, 07-12-1905)

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L'Auto-vélo, 02-10- 1917

Avec son mètre 68 et ses 65 kilos, Louis Cottereau ne payait pas de mine. Une impression trompeuse car en 1888, 1889 et 1890, sur 240 courses disputées, son palmarès affiche 162 victoires, 44 secondes places et 16 troisièmes prix. Jamais en un si court de temps un champion français n’avait remporté autant de succès. A l’époque, c’est d’ailleurs le plus grand crack dans l’hexagone. A seulement 21 ans, il est né à Angers le 11 février 1869, il se trouve performant sur tous les types de machines (monocycle, bicycle, bicyclette, tricycle).

Pratiquement chaque semaine, certains de ses rivaux lui adressent lettres ou dépêches pour connaître où le dimanche suivant il va se produirez afin de l’éviter en s’inscrivant à un autre endroit.

Le 13 novembre 1892, au vélodrome Buffalo, à Neuilly, il bat, derrière entraîneurs, le record du monde des 500 km. Ce jour-là, l’Angevin tape dans l’œil de Frédéric de Civry. L’ancien champion du monde des 50 miles, en 1883, devenu un manager réputé est convaincu d’avoir trouvé l’homme capable de terrasser Stéphane dans Bordeaux-Paris (572 km). Le champion de France de vitesse de 1890 ne croit pas à cette gageure. Il est insensé qu’un sprinter puisse prendre le dessus sur un routier rompu aux épreuves de longue haleine. De Civry insiste et Cottereau cède. Le 27 mai 1893, l’exploit se réalise après plus de 26 heures de selle, Cottereau, qui n’a pas lâché d’une semelle Stéphane, coiffe sur le fil le vainqueur de l’édition de 1892.

Revenu à la piste, le 26 août, au vélodrome de la Seine, il tente un nouveau défi, celui de surprendre l’imbattable Zimmermann. L’Américain le devance avec une supériorité étonnante.

Il est temps pour Louis Cottereau de tourner la page. Il ouvre, à Dijon, un magasin de cycles qui marche bien, mais il voit plus grand. Dans une immense usine, il passe à la fabrication de cycles et d’automobiles. Le 17 mai 1900, sur un engin de sa marque, il enlève le critérium des voiturettes. Un succès sans lendemain, ses affaires périclitent. Il doit disperser les œuvres d’art qu’il avait collectionné. Il vend jusqu’à son mobilier.

Cette déchéance mine sa santé. Il finit ses jours, seul, aux Chartreux, une maison d’aliénés dijonnaise, ce 21 septembre 1917 .

Son palmarès[]

1888[]

  • Champion de France 5 km (tricycle)
  • Champion de l’Ouest (tricycle)
  • 1e de la course annuelle des juniors de France à Pau (bicycle)
  • 1e de la course annuelle des juniors de France à Bordeaux (tricycle)
  • Champion du VC Angers de fond
  • 2e du Championnat de France des 100 km bicycle
  • 2e du Championnat de l’Ouest (bicycle)

1889[]

  • Champion de France 5 km (tricycle)
  • Champion de l’Ouest (tricycle)
  • Champion de l’Ouest (bicycle)
  • Champion du VC Angers de fond (bicycle)
  • Champion du VC Angers de fond (tricycle)
  • 1e du GP d’Angers de vitesse (bicycle)
  • 3e du Chpt de GB 1 mile tricycle
  • 3e du Chpt de GB 5 miles safety
  • 4e du Chpt de GB 10 miles safety

1890[]

  • Champion de France 5 km (tricycle)
  • Champion de France 10 km (tricycle)
  • Champion de France 10 km bicyclettes
  • Champion de l’Ouest (tricycle)
  • Champion de l’Ouest (bicycle)
  • Champion du VC Angers de fond (bicycle)
  • Champion du VC Angers de fond (tricycle)
  • Champion du Centre de fond (bicycle)
  • 1e du GP d’Angers de vitesse (bicycle)

1891[]

  • 1e du GP d’Angers de vitesse (bicycle)
  • 1e du Championnat de la Côte d’Or
  • 4 victoires à Dijon
  • 2 victoires à Sens
  • 2 victoires à Autun
  • 3 victoires à St Jean-de-Losne
  • Abandon (chute) au Chpt de France 5 km bicyclettes

1892[]

  • Record du monde 50 km avec entraîneurs (1h.20’33“)
  • 2 victoires à Chatillon-sur-Seine

1893[]

  • 1e de BORDEAUX-PARIS
  • 3 victoires à Chalon
  • 1 victoire à Nevers

1894[]

  • 2e du Championnat de l’Est à Dijon


Sources[]