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source: Wikipedia (FR)

1 décembre 1917 -|- George A. BankerModifier

Banker George 01 1898

Banker en 1898

Banker George 09 1898
L'Auto-vélo 1917-12-17

L'Auto-vélo, 17-12-1917

Au printemps 1894, le champion du monde de sprint, chez les amateurs, Arthur ZIMMERMANN revient en France. Il est accompagné par ses compatriotes Harry WHEELER, Austin CROOKS, Frank WALLER, William MARTIN, Frank STARBUCK, Charles ASHINGER et le jeune George August BANKER. Georges Dupuy disait du bien de ce dernier "George Banker me conquit tout de suite. Sa poignée de main fut celle de l’excellent garçon qui ne cherche pas un instant à épater son public. Imberbe, avec un visage charmant, des traits forts mais réguliers, de beaux yeux doux, un teint mat d’athlète à l’entraînement, grand, 1m82 et puissant de poitrine sous les vêtements amples et de coupe parfaite qu’il portait, Geo Banker m’apparut vraiment comme le “joli sympathique“".

Fils d’un industriel, George August Banker nait le 8 août 1874 à Pittsburgh. Membre du Pittsburgh Athlétic Club, il débute en 1892 à Brownsville. Il gagne le ½ mile pour novices et le ½ mile handicap. Au cours de la saison, il bat le record du monde du mile, départ arrêté en 2’44“4/5.

Quand Zimmermann, suivant l’exemple de Wheeler, abandonna l’amateurisme pour courir pour de l’argent en France, la patrie du professionnalisme, Banker eut l’idée de franchir également le pas. Il demanda à Mr E. Raymond, de la fédération américaine, une licence pour courir en France comme amateur de la classe A. Mr Raymond lui refusa, d’autant plus qu’il entrait au service d’une maison de cycles, mais il lui offrit une licence d’amateur de classe B. Comme en Europe, on ne reconnaissait pas de demi-mesure en amateurisme, il n’avait plus qu’à passer pro, après avoir couru quelques épreuves d’amateur à Paris à la demande d’amis.

Banker s’inscrit comme le véritable dauphin du « Flying Yankee », en collectionnant les secondes places. Alors que “Zimmy“ vogue sur le paquebot qui le ramène en Amérique, Banker prend son relais.

Le 15 octobre 1894 il décroche au vélodrome de l’Est, devant 15000 spectateurs, sous la pluie, le premier GP de Paris.

L’année suivante, le 2 mars, George Banker foule de nouveau le sol français. Zimmermann n’a pas effectué le voyage. Banker se montre le meilleur sprinter de la saison. Sur 83 séries et finales auxquelles il prend part, il arrive 61 fois premier, 16 fois second et 5 fois troisième. Une seule fois il n’est pas classé. Son plus grand succès réside dans le GP de l’UVF où il devance les jeunes Français Morin et Bourillon, qui l’ont devancé lors du GP de Paris.

Le vaudeville de CologneModifier

Grand favori du Championnat du monde de vitesse, prévu à Cologne, Banker rate le coche dans des circonstances très particulières. Ils sont 6 engagés : Banker, Protin, Huet, Gerger, Weeck et Rosendsdel, trois hommes sur les 6 n’avaient aucune chance. Les “braves“ officiels commencèrent par mettre les trois cracks dans une série et les “outsiders“ dans l’autre.

Le départ fut donné lancé au lieu d’être arrêté avec, comme signal, un coup de drapeau rouge que le starter abaissa si maladroitement qu’il faillit crever un oeil à Protin. Puis on oublia de sonner la cloche. La première série courue fut gagnée par Banker devant Huet et Protin qui se trouvait ainsi éliminé de la finale.

Le Belge ayant réclamé contre toutes les irrégularités commises, les officiels pour arranger les choses l’admirent à prendre part à la finale. Il termine premier de cette finale devant Banker qui, naturellement, avait réclamé, avant le départ, contre la participation du Belge.

Cet inénarrable imbroglio ne devait pas se dénouer ainsi. Le lendemain “l’International Cyclists Association“ se rendant compte de tout ce que son championnat avait eu de grotesque en prononçant l’annulation et décidait de le faire recourir à Paris le 15 septembre. Mais Protin ne se dérangea pas, ce qui permit à Banker de gagner par w.o. Après quoi le Liégeois déposa réclamation à l’I.C.A., qui annula de nouveau le Championnat et le fit recourir le 29 septembre à Cologne. Cette fois personne ne se présenta.

Lassés, les dirigeants de l’I.C.A. procédèrent à un vote par correspondance et la majorité des pays affiliés décida enfin que la première finale était valable. Protin était champion du monde.

A 21 ans, George Banker atteint le sommet du gotha des sprinters. Une situation éphémère car il contracte la fièvre typhoïde. La presse annonce son décès à Nice le 21 mars 1896. Il s’agit d’une fausse nouvelle. Pendant deux longues années, il se soigne. Son absence des pistes incline à penser que sa carrière cycliste est terminée. Pourtant en 1898, deux mois après son retour inattendu à Paris, il s’engage dans le championnat du monde qui se dispute à Vienne, sur une piste en graviers. En finale Franz Verkeyen prend l’initiative des débats. Il emmène à toute allure, son compatriote Willy Arend. A la sortie du dernier virage, il s’écarte de la corde pour repousser l’attaque d’Edmond Jacquelin à l’extérieur. Arend a le champ libre, mais il dérape et tombe. Banker, clairvoyant et puissant, s’engouffre dans la brèche. Il remonte Verkeyen et devient, en ce 11 septembre 1898, le nouveau champion du monde, titre qui lui avait échappé en 1895.

Banker fréquente encore les vélodromes en 1899 et 1900. Il a perdu son aura et ne décroche plus le moindre succès significatif.

Installé à New York, il dirige une agence d’automobiles, puis exerce divers métiers. Son addiction à l’alcool le conduit à une fin de vie pénible. Il meurt le 1 décembre 1917.

PalmarèsModifier

Championnats du mondeModifier

  • 1895
    • Médaillé d'argent de la vitesse
  • 1898
    • Champion du monde de vitesse

Autres compétitionsModifier

  • 1894
    • Grand Prix de Paris
    • 2e du Grand Prix de l'UVF
  • 1895
    • Grand Prix de l'UVF
    • 3e du Grand Prix de Paris

SourceModifier

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