Cyclistes dans la Grande Guerre
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Bersagliers[]

Bersaglieri 1915-1918

Les bersagliers (en italien bersaglieri) sont un corps de l'Armée de terre italienne. Créée en 1836 par le général Alessandro La Marmora pour servir dans l'Armée royale sarde, qui deviendra plus tard l'Armée royale d'Italie, cette unité d'infanterie légère est caractérisée par sa grande mobilité, par le port d'un chapeau à larges bords, utilisé seulement dans l'uniforme de parade à l'époque contemporaine, décoré de plumes de coq de bruyère présentes également sur les casques de combat moderne, et par sa fanfare défilant au pas de course en jouant l'hymne des bersagliers Flik Flok.

Engagée dans les guerres d'indépendance italiennes du XIXe siècle, cette unité d'élite maintes fois distinguée est également impliquée dans les conflits mondiaux du xxe siècle, dans les actions de secours aux populations ou de lutte contre la criminalité en Italie et dans les interventions de maintien de la paix des xxe et xxie siècles à l'extérieur sous l'égide de l'ONU.

Les bersagliers volontaires sont réunis au sein d'une association nationale, déclinée en sections locales, organisatrice depuis 1923 de rassemblements annuels. Le musée de la Porta Pia commémore depuis 1932 le souvenir de la prise de Rome par les bersagliers en 1870, concluant le processus d'unification de l'Italie.

Étymologie[]

Le terme français "bersaglier" (pluriel "bersagliers" ou pluriel italien "bersaglieri" attestés) est emprunté à l'italien bersagliere, dérivé de bersaglio, provenant de l'ancien français "bersail", le but ou la cible sur lesquels on tire à l'arc, lui-même dérivé du verbe "berser", tirer à l'arc1. Le Littré de 1872-1877 donne "bersailler" pour le nom de ces chasseurs de l'infanterie italienne, en précisant une possible origine latine depuis "vervex", dans le sens de "bélier à rompre les murailles".

Historique et organisation[]

Origine[]

À l'instar des chasseurs à pied de l'Armée française et parce que le royaume de Sardaigne ne peut pas se permettre la constitution d'un grand corps de cavalerie, un corps d'infanterie de tireurs rapides lui est nécessaire. Le corps des bersagliers est institué le 18 juin 1836 par décret du roi Charles-Albert de Sardaigne, sur la proposition d'Alessandro La Marmora, alors capitaine du régiment des gardes.

La première apparition publique des bersagliers se déroule à l'occasion d'un défilé militaire, le 1er juillet 1836. La Première Compagnie défile dans Turin avec célérité (fréquence de marche : 130 pas par minute). Le corps impressionne le roi Charles-Albert de Sardaigne, qui l'intègre immédiatement en tant qu'unité de l'Armée régulière piémontaise.

Le rôle assigné à la nouvelle formation prévoit les typiques fonctions de l'infanterie légère — exploration, premier contact avec l'ennemi et flanquement de l'infanterie de ligne (sans cependant s'aligner ou se mêler à celle-ci) — mais se caractérise, conformément aux intentions de son fondateur, par une vélocité d'exécution inédite et une polyvalence faisant de ses membres, outre des chasseurs, des sapeurs avant la lettre5.

Les soldats sont formés à la résistance physique et à l’excellence. L'indépendance et l'esprit d'initiative des bersagliers sont encouragés afin que ceux-ci puissent fonctionner en tant qu’unités indépendantes et autonomes. Les hommes sont exercés à la course et au tir avec des fusils modernes à chargement arrière6, prompts à l'action, même isolée, pour engager par surprise l'adversaire dans des actions de trouble avec la claire intention d'en déranger les plans.

Tout au long du XIXe siècle, sous la direction de La Marmora, les bersagliers remplissent le rôle des tirailleurs, mais agissent aussi, lorsque cela est nécessaire, comme des troupes de choc. Organisés en petits groupes, les bersagliers peuvent aussi être engagés contre la cavalerie pour en stopper la charge. Ils sont à l'origine destinés à servir comme troupes de montagne. Le grimpeur Jean-Antoine Carrel est un bersaglier. Lorsque le corps des alpins est créé, en 1872, une forte rivalité naît entre les deux corps d'élite.

Première Guerre mondiale[]

Par une ordonnance de 1910, chaque régiment est renforcé d'un bataillon d'infanterie cycliste (supprimé en mars 1919). Pendant la Première Guerre mondiale (1915-1918) le corps est organisé en deux divisions spéciales, 7 brigades, 21 régiments et 5 bataillons autonomes, les douze régiments existants étant renforcés par neuf unités supplémentaires nouvellement créées. Les bersagliers se battent avec distinction sur le front italien. Sur les 210 000 membres des régiments de bersagliers, 32 000 sont tués et 50 000 blessés. Le dernier vétéran survivant de la Première Guerre mondiale, Delfino Borroni, a servi dans le 6e régiment (it) de Bologne. Autre membre à servir (et à être blessé) : Benito Mussolini.

Un contingent de bersagliers est envoyé à la campagne du Sinaï et de la Palestine en 1917, où ils sont attachés à la force expéditionnaire d'Égypte commandée par le général Edmund Allenby. Leur "principal rôle politique" est d'affirmer les "prérogatives ecclésiastiques héréditaires en lien avec les églises chrétiennes à Jérusalem et Bethléem".

Après la guerre les neuf régiments créés pour la période de guerre sont dissous et le nombre de bataillons de bersagliers dans les régiments restants est réduit à deux par unité. Un nouveau rôle apparaît dans l'infanterie légère dans le cadre de l'engagement de l'Italie à la guerre de mouvement. Les bersagliers d'après-guerre sont convertis en infanterie cycliste pour combattre aux côtés de la cavalerie dans les divisions celeri (rapides). Ces unités d'élite au moral élevé et à l'esprit agressif sont considérées comme une alternative à l'impasse tactique de la guerre de tranchée de 1915-1918. Les bersagliers ont donné à l'Italie des formations hautement qualifiées, appropriées au service à la fois de la cavalerie et des chars. Lorsque les divisions blindées sont formées en 1939, le lien entre les bersagliers et la guerre mobile se poursuit. À chaque nouvelle division blindée et motorisée est alloué un régiment de bersagliers.


Source: Wikipedia (FR) ... et lire plus...

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